Projet Blues : prévenir la dépression chez les élèves de Calixa-Lavallée

10 février 2021

 

Lancé sous forme de projets pilote il y a 5 ans, Blues est maintenant le pilier du soutien psychosocial des élèves de l’école secondaire Calixa-Lavallée.

En effet, depuis ses débuts, ce programme d’intervention gratuit, offert directement à l’école, a permis de venir en aide à plus de 125 jeunes présentant des symptômes dépressifs.

L’importance du dépistage systématique

Le programme Blues, développé par des chercheurs américains, a été traduit et adapté par l'organisme Boscoville et les intervenants de Calixa-Lavallée afin de répondre aux besoins spécifiques de la clientèle de cette école publique en milieu défavorisé et multiethnique.

Chaque année, le projet débute par le dépistage de tous les élèves de secondaire 3 à l’aide d’un questionnaire qui permet d'identifier ceux qui présentent des risques de développer une dépression majeure.

“Sans ce dépistage massif, nous pourrions “échapper” ces élèves discrets qui ne présentent pas de symptômes extérieurs ou qui ont parfois des antécédents familiaux ou personnels lourds que l’équipe-école ne pourrait soupçonner (idées suicidaires, abus, violence) ”, mentionne Magaly Huaracha, psychoéducatrice co-responsable du projet à Calixa-Lavallée.


Magaly Huaracha, psychoéducatrice co-responsable du projet Blues.

Ateliers de groupes pour apprendre à communiquer et à guérir

Les jeunes identifiés sont ensuite invités à participer à 6 ateliers hebdomadaires d’une heure, animés par les deux psychoéducateurs responsables. Durant ces ateliers, on propose aux jeunes des outils pour les aider à transformer les idées noires en pensées plus réalistes et positives et trouve des solutions en groupe. On les amène également à se réengager dans les activités qui leur font plaisir et on leur propose des exercices à faire chaque jour pour mettre en pratique les notions apprises.

Les élèves aiment particulièrement la dynamique de groupe, qui leur permet de socialiser et de découvrir qu’ils ne sont pas seuls. On voit même ces jeunes souvent introvertis se faire des amis dans le groupe, amis qu’ils gardent parfois jusqu’à la fin du secondaire. 

“Le projet est super et m’aide beaucoup. Ça m’a permis d’être plus sociable, plus forte, on se sent à l’aise de communiquer. C’est important d’aller chercher de l’aide quand ça ne va pas, parce qu’avec des conseils, on peut mieux penser.”

- Élève participant au programme Blues.

"Je trouve que c’est merveilleux qu’il existe un programme comme celui-ci à l’école et que c’est une très bonne expérience. On peut parler ouvertement sans jugement entre nous. Quand on ne va pas bien, il faut en parler à une personne de confiance, car on peut avoir des pensées négatives et mettre fin à sa vie. Ce projet ma vraiment aidé car je ne faisais pas confiance aux gens et maintenant je fais confiance aux gens que j’apprécie. Je pense que tout le monde devrait avoir accès à Blues, car ce n’est pas parce qu’on rit qu’on est forcément heureuse. MERCI BLUES!!!"

- Élève participant au programme Blues.

Suivi personnalisé et filet de sécurité

Si un participant à Blues en exprime le besoin ou si on constate qu’il vit avec des problèmes plus lourds, les psychoéducateurs lui proposent des rencontres individuelles et peuvent également le référer à des ressources externes.  

On s'assure également de maintenir un filet de sécurité autour de l’élève, et ce, jusqu’à la fin de son passage à Calixa. “Il est souvent plus facile pour les jeunes de parler avec un intervenant qu’ils connaissent que d’appeler Tel-Jeunes ou aller au CLSC pour demander de l’aide” mentionne Vincent Courtemanche, psychoéducateur co-responsable du projet.


Vincent Courtemanche, psychoéducateur co-responsable du projet Blues.

Investir dans le bien-être psychologique des jeunes

Le projet Blues a vu le jour à Calixa-Lavallée grâce à la volonté de la direction, qui a cru en l’importance de prendre soin de la santé mentale des élèves et a accordé des ressources financières et humaines pour mettre en place et faire vivre le programme. Grâce à l'engagement sans faille de Magaly et Vincent, l’initiative est maintenant solidement implantée dans les pratiques et toute l’équipe-école a emboité le pas. En effet, la collaboration des enseignants, des professionnels et du personnel de soutien est essentielle pour permettre aux jeunes de s'investir dans le programme, que ce soit par l’aménagement des horaires, de la récupération, des reprises d’examens ou de simples encouragements.

Au fil des ans, on a constaté à quel point ce programme était bénéfique pour la santé mentale des élèves, en plus de leur permettre d’améliorer leurs apprentissages. “Quand un élève souffre en silence, il n’est pas disponible pour apprendre. Après Blues, la majorité des participants se sentent mieux, et sont donc mieux disposés à apprendre et à réussir”, souligne M. Archambault.

“Il est tellement gratifiant de constater que grâce à ces ateliers, nous pouvons redonner le goût à la vie à ces jeunes et les aider à garder espoir dans l'avenir. Les symptômes dépressifs touchent particulièrement les adolescents, l’école est souvent leur principal milieu de vie, alors ça vaut vraiment la peine d'investir dans ce type d'intervention”, rappelle Mme Huaracha.

Longue vie au projet Blues!