Apprendre en bougeant à l'école Albatros

25 février 2019

L'automne dernier, les élèves de l’école Albatros ont participé à une activité bien spéciale en collaboration avec des groupes d’étudiants en adaptation scolaire de l’Université du Québec à Montréal et leur professeure Mariève Blanchet.

Dans le cadre de leur cours en adaptation scolaire, ces 90 étudiants avaient pour mission de créer et de demander à des jeunes d’expérimenter des parcours qui pourraient, éventuellement, être installés sur les planchers d’un corridor de leur école afin de les faire bouger de manière structurée, semi-structurée et libre dans leurs déplacements quotidiens.

Les parcours étaient très diversifiés et allaient du simple tracé à suivre à des parcours plus ludiques demandant aux enfants de bondir comme une grenouille, de composer un numéro de téléphone sur un cellulaire géant ou de placer les mains ou les pieds au sol et au mur en alternance.

Certaines activités se faisaient en classe et avaient pour but de faire bouger les enfants tout en pratiquant les verbes, les tables de mathématique ou toutes autres notions vues en classe. Ces activités devaient être le plus inclusives possible.

Cette belle rencontre a permis une réflexion sur la façon de faire dépenser l’énergie des enfants à l’école sans devoir nécessairement arrêter d’enseigner pour le faire tout en en profitant des moments où les enfants ont à se déplacer dans l’école.

Les élèves ont eu un plaisir fou et ont régulièrement fait la demande d’avoir des corridors actifs depuis la rencontre. La motivation d’apprendre en bougeant a largement été observée dans les corridors de l’école lors de cette activité. Le projet se poursuivra donc dans un deuxième temps l’an prochain et la phase suivante sera d’installer dans le corridor de l’école des parcours permanents inspirés des coups de cœur des enfants.

Petite note théorique :

De plus en plus d’études supportent les bienfaits de bouger pour l’apprentissage académique. Le cadre théorique qui supporte cette prémisse est celui de la cognition incarnée (embodiment) dont les fondements reposent sur l’interaction entre le système moteur humain et la cognition (Barsalou, 2003). En effet, une interaction constante entre le cerveau, le corps et l’environnement serait impliquée dans l’activité cognitive et permettrait la construction des connaissances (Bara et Tricot, 2017). De plus, il est démontré que de bouger permet d’améliorer l’attention (Syväoja et al. 2014; van der Niet 2015), la mémoire de travail (Kamijo et al. 2011; van der Niet 2015) et les fonctions exécutives (Chaddock-Heyman et al. 2013) chez l’enfant.
Que ce soit sous forme de pauses ou de leçons actives, il semble que les enfants bénéficient de bouger non seulement pour leur santé et l’acquisition de saines habitudes de vie, mais également pour l’amélioration de leur rendement et leur engagement scolaire (Mullender-Wijnsma et al. 2015; Phillips et al. 2015; Kantomaa et al. 2012; Syväoja et al. 2013). Le laboratoire de la professeure Blanchet en collaboration avec la professeure Cadoret (Laboratoire de recherche en motricité de l’enfant - facebook.com/motrilab) mène actuellement des recherches scientifiques dans ce domaine.